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L'Afrique c'est Nous!

Aux armes la jeunesse !

22 Janvier 2014, 21:13pm

Publié par Charbel Gauthe


Par Fawaz AYAH

Chaque génération découvrant, dans une relative opacité, sa mission, l’accomplit ou la trahit, disait Frantz Fanon. La mission qui incombe à notre génération aujourd’hui est de lutter pour une indépendance et un développement véritables et durables. Et pour ce, elle doit prendre les armes ! Les armes de la conscience, du courage, de la désobéissance civique. Les armes de la foi, de la révolte, du sacrifice suprême afin qu’au prix de la sueur et du sang la vraie liberté soit arrachée et le développement voulu, pensé et mis en œuvre par nous enclenché. Un développement qui rime avec progrès humain, social et économique. Un développement, tributaire de la dictature des principes et des normes établis afin que la postérité vive mieux demain que nous aujourd’hui.
Tous les peuples du monde ont, à un moment donné de leur histoire, connu l’enfer. Mais aujourd’hui, nombre d’entre eux ne seraient pas libres et prospères si leurs pères fondateurs n’avaient pas été prêts pour se sacrifier sur le tabernacle de la liberté.

 
Et pourquoi l’Afrique devrait donc faire exception à cette règle ? Pourquoi devons-nous aspirer à un mieux-être sans être à la hauteur de nos espérances ? Sans être dignes de nos rêves ?
L’Afrique doit se libérer des chaînes de l’aliénation pour reconquérir sa liberté, son indépendance, sa dignité car le nouvel ordre mondial dans lequel on l’a fourvoyé et qui, ex cathedra, s’impose à elle, a fait prendre la poudre d’escampette à Cupidon laissant régner une cupidité effrénée et une cruauté innommable. Etre capable de vivre libre et digne à n’importe quel prix ou être coupable par inaction en se résignant dans l’assujettissement, la condescendance et l’humiliation de génération en génération ? Telle est l’équation de la révolution qui mène au Salut !
Depuis des lustres, le peuple africain est en quête de liberté. Et les derniers développements de l’actualité, au Gabon, en Côte d’Ivoire, en Libye, pour n’énumérer que ces exemples, sont illustratifs d’une évidence renversante et persistante ; un drame patent : la roue de l’histoire, mais l’Afrique ne bouge pas. Plus les temps changent, plus c’est la même chose. Les maîtres à penser qui, il y a des siècles, avaient décidé de leur propre chef d’envahir une civilisation paisible pour exploiter, bon gré mal gré, ses richesses, asservir sa volonté, essorer son courage pour en recueillir et diffuser la peur, et la maintenir dans les fers, de connivence avec les siens, nous ont ingurgité un placébo pour ankyloser notre réflexion et nous faire croire qu’ils s’en étaient allés, le ventre devant, mais nada ! Ils ne sont jamais partis. Et à présent, ils sont devenus plus pervers, plus voraces, plus insatiables.
En vérité, nos pères qui n’ont de cesse de nous rebattre les oreilles de la ritournelle de leurs intrépides combats pour la décolonisation, l’indépendance et la démocratie n’ont même pas gagné une bataille. Tant de bruit pour une omelette au lard, ai-je envie de dire. La route est encore longue. La fin de la guerre n’est pas pour demain.

L’Afrique est pieds et mains liée. Et ses fils qui ont tenté de défaire les liens de la sclérose et de la sujétion, en y allant de manière frontale ou traînant derrière eux leurs casseroles puantes de têtes de morts et de turpitude, en ont payé au prix de leur vie et en sont morts héros, martyrs ou mythes ; les mythes laissant moins des émules que des orphelins. « Il faut tuer le coq pour effrayer le singe », nous enseigne la maxime.
Mourir d’une mort violente ou être assassiné déshumanisé par des êtres inhumains est l’extrême bonheur qui puisse nous arriver ici-bas. Peu importe, car que vaut la vie si elle n’en est pas une ? Si elle n’est qu’une vie postiche ? Une existence d’emprunt, nourrie de peur et d’indécence ? Que vaut une piètre de vie si la mort ne sert à rien ? Que vaut une vie insipide si la mort ne lui confère pas un sens ? Questions obsédantes qui, à brûle-pourpoint, déchirent mon âme et décuplent mes interrogations.
« A quand l’Afrique » ? A quand la révolution africaine ? Une révolution qui naîtra au sein du peuple et menée par la jeunesse. Cette jeunesse qui doit prendre conscience du poids de la responsabilité qui est la sienne et de la sublime mission à elle assignée par l’histoire. Je ne parle pas de cette jeunesse obsédée par le sexe, l’argent et les plaisirs mondains, ni de celle qui, désespérée, a décidé de déléguer ses droits et devoirs aux boulimiques du pouvoir pour se consumer lentement.
Je parle plutôt de cette jeunesse qui rêve, qui y croit, s’organise, cherche et trouve ses valeurs, s’indignent et se révoltent contre les « chefs de tares » et roitelets qui ont confisqué la destinée de nos nations dans leurs mains en chosifiant nos vies. Comme Martin Luther King, j’ai fait un rêve.
J’ai fait le rêve d’une Afrique qui a pris son destin en mains. J’ai fait le rêve d’une Afrique libre, forte et unie dans la diversité des idées et la convergence des actions. J’ai fait le rêve d’une jeunesse africaine nouvelle qui a moins peur de la mort que de perdre sa liberté et son honneur. Une jeunesse qui a décidé de libérer l’Afrique de ses fils indignes. Une jeunesse qui préfère la folie libératrice des passions à l’indifférence de la sagesse. Une jeunesse qui doit agir maintenant. C’est pourquoi je m’écris : aux armes la jeunesse !

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