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L'Afrique c'est Nous!

L'Aube Nouvelle: que nous apprend l'hymne national du Bénin?

16 Novembre 2018, 10:48am

Publié par Charbel Gauthe

L’Aube Nouvelle est, comme son nom l’indique, un constat et un appel à un nouvel paradigme de vie. L’Aube étant le moment où le jour se lève, l’hymne caractérise le commencement d’une nouvelle période, d’un nouveau jour.

Il est adressé de façon personnelle à tous les enfants du Bénin[1] sans exception. Ceux-ci devraient se lever au «cri sonore» de la liberté qui vient de leur être donnée. L’injonction qui leur est faite de rester debout se rapporte à la jouissance de la liberté qui ne se fait que lorsqu’on est sur ses deux jambes et qu’on peut se mouvoir sans grandes difficultés. S’asseoir est signe d’inaction, de paresse, de nonchalance. On ne peut marcher que lorsqu’on est debout.

 

Le cri de la liberté se faisant retentissant, il faudrait se lever pour y répondre. Tel un soldat sursautant au son de l’olifant. Mais il n’est pas question de guerre ici. Ou plutôt il n’en est plus question. Après de nombreuses années de combat contre les colons, les enfants du Bénin s’en étaient remis au sort en s’asseyant sur une pseudo-liberté. Il est maintenant temps de se lever.

Cet appel dans l’hymne national à rester debout devrait être plus que jamais présent dans les cœurs des béninoises et béninois. Il devrait les ramener à leurs valeurs intrinsèques de vie sociale, politique, économique et spirituelle. Spirituelle, car il est plus question d’un art de vie que d’une fade croyance en un rédempteur.

La première strophe de l’Aube Nouvelle rap­­­­pel­le qu’au cri de cette même liberté, «nos aïeuls» ont su se battre de toutes leurs forces et «au prix du sang». Cette mention n’est pas faite au hasard. Car c’est au bout de l’ancienne corde que l’on tisse la nouvelle. De même l’importance des ancêtres dans la tradition n’est pas à nier. Leurs combats ont permis d’aboutir à notre présent. Au vu de leurs actes de bravoure, il revient aux béninoises et béninois de s’inscrire dans leurs sillons et faire de même. Ne pouvant être des bâtisseurs du présent sans être ou avoir été des visionnaires du passé, l’expérience de «nos aïeuls» devrait servir de base pour l’abnégation mutuelle au service de la postérité. Il faut «construire sans relâche».

 

La deuxième strophe évoque un esprit de paix et de sérénité lorsque la violence et la guerre survient. Non adressée aux auteurs dudit «vent de colère et de haine», c’est plutôt un appel aux béninoises et béninois lambda à rester droit dans leurs bottes et à tirer leurs forces du drapeau qui est le leur. Le vert étant l’espoir, le rouge le courage et le jaune les «riches trésors». Il faut noter une inversion faite dans la deuxième strophe de l’Aube Nouvelle en ce qui concerne les couleurs du drapeau. Le rouge précède le jaune contrairement à la disposition des couleurs sur les représentations du drapeau. Ce qui serait bien normal. Puisque que celui qui espère doit s’armer de courage afin de préserver et défendre les riches trésors laissés par les aïeux. Le courage ne devrait pas alors être relégué au dernier plan.

 

La troisième strophe met en valeurs les richesses du Bénin et sa beauté. Le Bénin a assez de richesses pour nourrir tous ses enfants. Encore que la nature du «chacun» n’est pas précisée. Il pourrait s’agir aussi bien des habitants du Bénin que de ceux qui le visitent. Les fils du Bénin devraient à partir de ce jour d’indépendance s’unir afin de travailler à son éternelle abondance.

 

Auteur: Charbel Gauthe


[1] Il faut préciser qu’à l‘indépendance le pays se nommait Dahomey.

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